09 avril 2009
Altiplano etc...
Comme prevu voila le recit de nos quelques jours de piste caillouteuse et ensablee au nord du salar.
La portion entre le village de Tahua jusqu'au bourg de Salinas a ete de toute beaute meme si on en a ch... grave ! 9h de velo (dont 2 heures de bataille dans le sable) pour parcourir 40 km...un record ! Le paso Agua Negra c'etait du gateau a comparer ! On a roule entre le salar et le Volcan Tunupa sur une piste sinueuse le long des champs de quinoa et en croisant plusieurs petits villages abandonnes ou tres peu peuples (personnes agees dementes et aveugles pour la plupart-difficile de soutirer des infos sur le trajet !).
Cuisine au feu de bois : puree de patate-carotte et omelette aux oignons !
Coucher de soleil magique avec le salar en toile de fond -on ne s'en lasse pas-
Nous sommes arrives epuises en fin de journee a Salinas, petit bourg ou convergent toutes les "comunidad" (petits villages alentours) pour son marche et sa desserte de bus vers la ville d'Oruro.
On a tres vite echoue chez Ouadi, epiciere, gestionnaire d'un centre d'appel entel (2 cabines) et bolivienne au grand coeur (moyennant finance) ! On a tellement aime que l'on y est reste 2 nuits...
Sous la torture Ouadi prend la pose :
Ensuite on a mis le cap sur le salar de Coipasa que l'on pensait traverser (Oh ! grands fous que nous etions !). Apres 5 heures de piste defoncee et l'arrivee dans 1 metre de sable sur plusieurs km nous avons renonce et fait demi tour...10hres de velo epuisantes...imaginez rejoindre La Grande Motte depuis le Grau du Roi par la plage en velo avec 40 kg sur le porte baggage ! De plus il n'y avait pas de chichis, de chouchous et de seins nus (aparte de Cesar)
Retour chez Ouadi qui a feinte la crise cardiaque en nous voyant revenir ! "¡¿ Que pasa, estan bien, pobre frances ?!"
Alors on a pris un bus pour Oruro puis pour La Paz...Contraste saisissant...l'arrivee dans l'antre du monstre a ete spectaculaire : une ville qui plonge de 4100m a 3600m et qui concentre 1/3 de la population du pays !
En voici un echantillon pas des plus representatifs et des plus beaux mais c'est tout ce qu'on a pour l'instant
On est dans un hotel sympa, on se gave de films a la cinemeteca boliviana ( le dernier film de Dany Boyle est a voire absolument !), les salteñas sont delicieuses...on prepare un periple dans la cordillere royale a 3hres de la paz. Ce sera cette fois a pieds et avec des crampons !
Bises,
Mathilde et Cesar, La Paz, le 09.04.09, 12h
08 avril 2009
Tours de roues sur le salar
Tours de roues sur le salar
Vidéo envoyée par audetourdesandes
On a roule sur la lune !
Comme un reve eveille !
Ce fameux Salar d'Uyuni on l'esperait depuis longtemps...comme quelque part inaccessible au loin vers la Bolivie ! Et puis le reve est devenu realite, aussi belle que l'on imaginait.
Imaginez une immensite plate a 3650 m d'altitude, recouverte d'une couche epaisse de 30m de sel et grande comme l'ile de France ! Tantot la banquise, tantot un plateau enneige, parfois une mer de nuages...une planete incroyable !
On y a passe 3 jours inoubliables, perdus dans l'immensite, seuls avec le doux bruit des roues sur la croute de sel !
Le 1er bivouac : impossible de planter les sardines...on a fait avec les moyens du bord.
Comme vous le voyez on a adopte la cheich attitude ( marre de voire tous les gringos avec des bonnets du coin !) ; obligatoire pour se proteger de la reverberation du soleil.
Cette premiere nuit a ete particulierement glaciale. Tous les soirs a 21h le vent se leve pour toute la nuit...il est frais on vous l'assure !
Les couchers de soleil sont une sacree belle recompense :
Le deuxieme jour nous parcourons 70 km a l'aveuglette plein ouest en direction de l'ile Inkahuasi. Au bout de 40 km un point apparait a l'horizon et l'ile grossit peu a peu...
L'ile tant attendu apres la rectitude hexagonale...Les cactus sont millenaires :
Lumiere du soir sur l'ile au bord de laquelle nous avons bivouaque :
Le 3eme jour nous avons mis le cap vers le village de Tahua au pied du volcan Tunupa. On est arrive sur un alpage ou broutait tranquillement un troupeau de lamas et quelques Vicuñas :
Les champs de quinoa (on est bien sur l'altiplano) et le volcan Tunupa :
Nous sommes a La Paz depuis cet apres midi...bientot le recit de nos folles aventures sur les pistes boliviennes (moins plates que le salar !)
Bises, a tres bientot,
Mathilde et Cesar, La Paz, le 7.04.09, 20h
Et un joyeux anniversaire a Berny, Vero, Lei et Olivier ! Les beliers ca change des Lamas !
29 mars 2009
Vale un Potosi !
Potosi ou la cite aux milles richesses...Ici le masque sculpte par un francais, symbole de la casa de la monedad et du rayonnement de la ville sur tout le globe du 16 au 19 eme siecle.
La casa de la monedad fut le lieux ou on frappa les pieces d'argent pour l'Espagne. Elle est restauree et abrite quelques tresors...
Ici le premier mecanisme actionne par 4 mules
200 ans apres et la machinisation :
Ce musee est un peu un fourre tout artistique ( peintures, mineraux, armes de la guerre d'independance, statues incas...) et on vous a choisi le meilleur : des corps d'enfants espagnols momifies naturellement par le froid potosien :
Bon appetit pour ceux qui passent a table !
Nous avons pu visiter le couvent Santa theresa et ressentir le froid de ses murs nous conter la terrible vie des religieuses sacrifiees.
Les riches familles espagnoles placaient ici leur fille de 15 ans avec une dote de 12000 piece d'or, soit une fortune meme maintenant ! A leur entree au couvent on leur enlevait leurs vetements, leur coupait les cheveux et elles n'en resortaient jamais et ne pouvaient plus toucher ni voire une personne exterieure au couvent (famille comprise)...
Les dotes etaient aussi bien souvent des oeuvres d'art ce qui fait de Santa Theresa un musee tres riche en peinture barroque sud americaine et richesses coloniales.
Ici le patio du couvent et son pommier de 350 ans, le plus vieux de Bolivie.
Une prison doree...
...qui tranche avec la durete des conditions de vie. Le matelas n'est pas epais ! ( c'est le bois du lit )
A table interdiction de parler ; un crane trone devant la mere superieure :
Les soeurs mourraient dans le couvent et y etaient enterrees dans la salle ou les vivantes priaient quotidiennement. Les dalles au sol renferment les sepultures...
Jusqu'en 1977 les soeurs mourraient dans le couvent. Aujourd'hui elles sont une dizaine et plus ouvertes sur l'exterieur.
Le musee renferme egalement de nombreux tableaux dont une collection de Melchior Perez, peintre potosi surnomme le "Greco" sud americain. Ses oeuvres sont marquees par des visages cadaveriques et une omnipresence du religieux et de la mort...
C'est certes beau mais pas tres gai !
Pour les rejouissance le 16 c'est offert un petit plaisir ( avec les thunes du couple bien sur ! ) ; un veritable charango de luthier fait par les mains du maitre Rene Bonifaz. Potosi est le berceau de cet instrument purement andin et inspire de la mandoline.
Math prendra bientot sa revanche et lorgne deja sur la veritable laine d'alpaga...affaire a suivre.
Demain bus en partance pour uyuni ou les bicyclettes vont reprendre du service dans une atmosphere moins pluvieuse et plus salee...
a tres bientot, Bises,
Math et 16, Potosi, 28.03.09, 19h45
26 mars 2009
Bolivia !
Nous voila enfin sur l'altiplano bolivien apres 3 mois 1/2 de voyage et 4300 km parcourus.
Tout est au dela de nos esperances et c'est une tres belle culture que nous decouvrons.
Nous avons rejoint en bus la ville de Potosi depuis la frontiere car la saison des pluies se termine doucement et les pistes restent boueuses pour nos velos. Alors on se repose et on profite ! Potosi est une cite miniere perchee a 4060m d'altitude ; c'est la plus haute ville du monde de plus de 100 000 habitants (plus haut que Lhassa). Elle a connue son heure de gloire durant l'epoque coloniale car dans son sol se trouvaient des gisements d'or et d'argent considerables. Elle a finance toutes les guerres coloniales d'Espagne...Au 19eme siecle elle contait 200 000 habitants, soit plus que Londres. L'ecrivain Cervantes a consacre l'expression "Vale un Potosi" (cela vaut bien un Potosi) marquant ainsi l'influence de la cite a travers le monde. Au 20eme siecle les mines sont tombees en desuetude ( epuisements et nouveaux filons au Perou et au Mexique ), la population etait meme descendue a 9000 habitants. Aujourd'hui l'exploitation miniere subsiste tant bien que mal sous forme cooperative dans des conditions dignes de Germinal : chariots pousses a force humaine sur des railles, esperance de vie de 45 ans...Potosi est devenue une ville pauvre et contraste avec la quantite phenomenale de monuments coloniaux qui en font un tresor de l'architecture et de la culture barroque en Amerique du sud.
Voici la ville toute en hauteur au pied du Cerro Rico ou sont exploitees les mines, un vrai gruyere ! Elles se visitent mais vu la claustrophobie du 16 qui etouffe sous une couette on a abandonne le projet...
La ville est toute en couleurs et on s'emerveille des nombreux marches a chaque coin de rue. Les femmes portent des chapeaux et des robes bouffantes comme dans les legendes. Elles semblent tenir une place tres importante dans la societe a tel point qu'on ne voit qu'elles ! Elles travaillent dans les chantiers comme les hommes avec leurs enfants dans le dos...cela tranche avec le machisme ambiant d'Argentine ; ce ne sont cependant pas les hommes qui portent les enfants !
Le president Evo Morales arrive demain a Potosi pour lancer un programme de salubrite publique. Il est le premier president issu du peuple amerindien (60% de quechuas et d'aymaras) et galvanise les foules a chaque meeting. Ici les gens de la campage potosine se sont tous deplaces pour l'accueillir demain :
A midi on mange au resto ! L'almuerzo (repas du midi) est servi a 15 bol (soit 1.5 euros). C'est tres conviviale et populaire ; on partage la table des gens, l'occasion de discuter et de faire toujours de belles rencontres. Ici avec Ignacio Mendoza de Potosi :
Le menu est toujours le meme : une assiette de crudites, une soupe bien chaude avec quinoa, legumes et morceaux de viande, un plat chaud de viande feculents et un dessert...Ca est frugal !
A part toutes ces belles choses ca caille severe la nuit et on supporte bien les duvets !
a suivre les photos du couvent de Santa Theresa que l'on a visite ce matin et du ballet folklorique de La Paz que l'on verra ce soir...On reste encore quelques jours a Potosi avant de mettre le cap vers le salar d'Uyuni ; pluie oblige, et c'est tellement beau !
Bises a tous,
Mathilde et Cesar, Potosi le 26.3.09, 15h15 ( on a maintenant 5 hres de decalage avec la France )







































